Vermifuger son chien ou son chat ? Pour quoi faire ?

Lors de votre visite annuelle chez votre vétérinaire, celui-ci aborde probablement systématiquement le sujet des vermifuges. Votre chien ou votre chat est-il bien vermifugé ? A quelle fréquence ? Avec quel produit ? Et souvent, le sujet n’est pas plus approfondi que ça. Oui, vous le vermifugez régulièrement ? C’est parfait ! Non, ça n’a pas été fait récemment ? Eh bien vous devriez ! Mais au fond, est-ce vraiment si important que ça ? Est-ce vraiment utile si l’on n’a jamais vu sortir le moindre ver des selles de son animal ? Voyons ça de plus près !

vermifuge

Que risque-t-on vraiment à ne pas vermifuger ?

Un vermifuge, c’est simplement un médicament qui va tuer un certain nombre de vers qui seraient présents dans l’organisme de votre animal. Il y a de nombreux types de vers différents mais concrètement, quel est l’impact sur la santé de ceux que l’on rencontre le plus fréquemment ?

Le risque pour nos chiens et chats

En réalité, pour nos animaux, les conséquences sont presque anecdotiques. Du moins chez l’animal adulte en bonne santé, chez qui les parasites passeront souvent inaperçus. L’état général peut être un peu diminué et des épisodes de diarrhée peuvent être présents mais rarement beaucoup plus.

Chez un animal dont les défenses immunitaires ne sont pas optimales par contre, les conséquences peuvent être plus importantes. Chez les animaux en croissance, par exemple, les verminoses (c’est le nom qu’on donne aux infections intestinales causées par des vers) peuvent être fatales. En effet, leur système immunitaire n’étant pas totalement efficace, les vers auront l’occasion de se développer beaucoup plus facilement, au point de créer des obstructions ou des perforations des intestins dans les cas extrêmes.

Les symptômes qui doivent vous rappeler de vermifuger vos chiots et chatons sont : ventre gonflé, diarrhée, poil piqué ou terne, ralentissement de la croissance et parfois de la toux (car certaines larves peuvent migrer, j’en reparle un peu plus bas).

Pour les mêmes raisons, les animaux âgés ou malades sont également plus sensibles.

Mais du coup, si l’impact sur la santé de nos animaux adultes est faible, ne peut-on pas simplement traiter lorsque l’on voit effectivement des vers ?

Eh bien non ! Pour plusieurs raisons :

– D’abord parce que la majorité des oeufs sont invisibles à l’oeil nu.

– Ensuite parce que les oeufs survivent très longtemps dans l’environnement (jusqu’à 2 ans) ! Un animal infesté, même s’il n’en souffre pas lui-même, va donc en excréter continuellement et augmenter la pression de contamination.

– Et surtout, parce que plusieurs types de vers peuvent également contaminer les humains.

Le risque pour l’Homme

Vous l’aurez compris, ce n’est pas uniquement le risque pour nos animaux qui justifie de les vermifuger fréquemment. LA principale raison de le faire est que beaucoup de maladies liées aux parasites sont des zoonoses, c’est-à-dire des maladies qui peuvent se transmettre de l’animal à l’homme. Et si ces maladies sont souvent bénignes chez l’animal, elles peuvent avoir des conséquences dramatiques chez l’homme.

Comme c’est également le cas chez les animaux, ce sont les enfants, dont le système immunitaire n’est pas encore mature, qui sont le plus à risque.

Les ascarides

En Europe, un des vers les plus fréquents est l’ascaride. Toujours en Europe, on estime qu’environ 20% de la population humaine est ou a été contaminé par ce parasite. C’est donc loin d’être rare ! Une fois dans l’organisme, l’oeuf d’ascaride va éclore, et donner naissance à une petite larve qui pourra migrer où bon lui semble. Le plus souvent, elle n’entraînera rien d’autre qu’un état grippal (fièvre, fatigue, douleur musculaire). Mais si par malheur cette larve décide de migrer dans une zone particulièrement sensible comme l’oeil ou le cerveau, les conséquences sont alors beaucoup plus graves (perte de vision, troubles neurologiques, méningite, …).

Les échinocoques

La seconde famille de parasites qui mérite d’être citée ici est celle des échinocoques. Encore une fois, ces parasites sont beaucoup plus dangereux pour nous que pour nos animaux.

Dans nos régions (Belgique et moitié nord de la France), l’échinococcose passe par les renards. Ceux-ci disséminent des oeufs dans l’environnement via leurs selles. Ces oeufs vont être ingérés par des petits rongeurs qui peuvent à leur tour être chassés par nos chiens et chats. A son tour, l’humain peut se contaminer soit directement par contact avec ces derniers, soit en mangeant un fruit ou légume mal lavé.

Une fois ingéré par un humain, l’oeuf va migrer vers le foie où il formera des kystes. Ces kystes agiront un peu comme un cancer et vont non seulement détruire le foie mais également envoyer des métastases larvaires” qui se développeront dans d’autres organes. Sans traitement, cette maladie est mortelle pour l’homme.

Echinococcus

La vermifugation régulière de vos animaux diminue grandement le risque qu’un membre de votre famille développe une de ces maladies.

Et du coup, à quelle fréquence faut-il vermifuger ?

Avant tout, un petit mot sur le fonctionnement des vermifuges

Quand votre vétérinaire vous parle d’antiparasitaires, il vous parle généralement de vermifuges et d’anti-puces. Pourtant, même si ces deux types de produits ont bien un objectif semblable (se débarrasser de parasites), ils ont des modes d’action très différents. La principale différence qu’il vous faut connaître est que l’anti-puces possède généralement à la fois un effet curatif et un effet préventif. C’est-à-dire qu’il va tuer les puces éventuellement présentes sur votre animal au moment du traitement, mais aussi toutes celles qu’il pourrait rencontrer pendant la durée d’action du produit (généralement un mois).

De leur côté, les vermifuges ne possèdent qu’un effet curatif (et aucun effet préventif). Ce qui signifie que si vous donnez un vermifuge à votre animal aujourd’hui, vous l’aiderez à se débarrasser de tous les vers éventuellement présents dans son organisme. Mais s’il rencontre un oeuf dans trois jours, celui-ci se développera quand même “comme si de rien n’était”.

Cette différence a quatre conséquences pratiques :

1) Voir des vers dans les selles de votre animal ne signifie pas que le vermifuge que vous lui donnez est inefficace. Mais plutôt que son environnement est probablement fortement contaminé.

2) La fréquence de vermifugation ne dépendra ni du vermifuge utilisé, ni du cycle de vie des parasites visés (comme c’est le cas pour les anti-puces). Mais plutôt de l’âge et de l’environnement (y compris familial) de l’animal.

3) Etant donné que le vermifuge ne reste pas actif dans l’organisme, vous pouvez rapidement re-vermifuger si vous n’êtes pas sûr que la première dose a été correctement prise (par exemple lors de l’adoption d’un nouvel animal ou si votre chien a vomi peu de temps après avoir pris le comprimé ou encore si vous le suspectez de l’avoir recraché discrètement).

4) Pour éviter qu’un animal traité ne se recontamine directement, il est préférable de vermifuger tous les animaux d’un même foyer le même jour.

A quelle fréquence vermifuger ?

La fréquence “de base”, c’est : tous les mois jusqu’à 6 mois, puis tous les trois mois (à chaque changement de saison).

Pourquoi une fois par mois ? Parce que c’est environ le temps que prend un oeuf ingéré pour devenir un parasite adulte et pondre dans les selles.

Mais plusieurs circonstances justifient de vermifuger un animal adulte plus fréquemment :

– Si vous avez des enfants en bas âge, il est conseillé de continuer de vermifuger vos animaux tous les mois.

– Si votre animal chasse, idem, il doit être traité tous les mois (pendant la période de chasse).

– Les puces peuvent être vectrices de vers intestinaux. Donc si votre animal a des puces, il faut également le vermifuger.

– Si votre animal mange des abats crus, il doit également être traité tous les mois.

– Si votre animal fait “le signe du traineau”, c’est-à-dire qu’il s’assied et se frotte les fesses par terre, il faut le vermifuger (et éventuellement vérifier ses glandes anales).

chiot

Et voilà donc tout ce qui se cache derrière cette question “votre animal est-il bien vermifugé ?” !

J’espère vous avoir convaincu de l’importance de vermifuger régulièrement, mais également correctement ! Contrairement à ce qu’on entend parfois, un chien qui mange de l’herbe ne se vermifuge pas. Et donner de l’ail à son chien est plus toxique pour lui que pour les vers ! (vous trouverez plus d’informations sur les aliments à éviter ici). Si cet article vous a appris quelque chose, ou si vous pensez qu’il pourrait être utile à d’autres, n’hésitez pas à le partager !

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