Quelle est la “bonne dose” de vaccin pour un petit chien ?

Il n’est pas rare que des propriétaires s’interrogent sur le fait qu’un chihuahua reçoive les mêmes “doses” vaccinales qu’un dogue allemand. Et effectivement, vu de loin, l’énorme différence de taille semblerait justifier également une différence dans les volumes injectés. Mais qu’en est-il réellement ? Survaccine-t-on les chiens de petites races ? Et ne risque-t-on pas de leur induire plus d’effets secondaires ? Pour répondre à ces questions, je vous propose de découvrir la traduction d’un extrait d’article écrit par le Dr. McKenzie du blog skeptvet. Cet article ne parle pas du schéma de vaccination des chiens (quels vaccins faire ou ne pas faire), mais si ça vous intéresse, vous trouverez quelques informations à ce sujet ici : Quels vaccins pour mon chien ? Ceci étant dit, je vous souhaite une bonne lecture !

vaccins chiens

Il existe une idée fausse assez répandue selon laquelle les petits animaux devraient avoir des « doses » de vaccin plus faibles que les animaux plus gros. Il s’agit là d’une hypothèse naturelle découlant, très probablement, de notre connaissance de la façon dont les médicaments sont dosés. Cependant, bien qu’il existe effectivement des différences dans les doses de vaccin administrés d’une espèce à l’autre, cette différence est beaucoup moins importante que ce à quoi on pourrait s’attendre si les vaccins fonctionnaient comme des médicaments.

Quelques mots sur le dosage des médicaments

Une analogie que j’utilise souvent pour illustrer cela est de comparer les médicaments à une lampe à variateur. Un petit mouvement de l’interrupteur vous donnera un peu de lumière. Plus vous appuyez sur l’interrupteur, plus la lumière est forte. Il y a un mouvement minimum en dessous duquel la lumière reste éteinte et un maximum au-dessus duquel la lumière ne sera pas plus intense. Entre les deux, cependant, la quantité de lumière est proportionnelle à la quantité de mouvement du variateur. De la même façon, pour les médicaments, plus la dose administrée est importante, plus les effets (positifs et négatifs) seront importants (bien entendu, la réalité est un peu plus compliquée car chaque médicament agit d’une manière différente, et dans le monde réel, la pharmacocinétique et la pharmacodynamique sont très complexes et variables).

Étant donné que la dose d’un médicament représente sa concentration dans le sang ou les tissus, plus un animal est grand, plus il faut augmenter les quantités données afin d’obtenir une même quantité “par millilitre de sang” ou “par gramme de tissu”. Ainsi, pour le type de relation de dosage de médicament le plus simple, la taille de l’animal est directement proportionnelle à la dose nécessaire, ce qui signifie qu’un chien de 10 kg aura besoin de deux fois plus de médicament qu’un chien de 5 kg. Ici encore, la réalité peut être plus compliquée, mais comme point de départ, les médicaments sont souvent dosés en “milligrammes par kilogramme de poids corporel”.

Et qu’en est-il du dosage des vaccins ?

Cependant, en ce qui concerne les vaccins, les choses ne fonctionnent pas de cette façon. Pour eux, une meilleure analogie serait de les comparer à un interrupteur d’éclairage traditionnel, sans variateur. Il y a un point critique où la lumière passe d’éteinte à allumée. Un mouvement en dessous du seuil ne produit pas de lumière et un mouvement supplémentaire au-dessus du seuil ne donne pas plus de lumière. Pour les vaccins, il existe une “dose immunisante minimale” (MID), qui correspond à un seuil auquel la réponse immunitaire est pleinement stimulée. Les vaccins ne fonctionnent pas en étant distribués dans tout le corps à une certaine concentration, comme les médicaments, mais en déclenchant une réponse immunitaire de type “tout ou rien” en interagissant avec des cellules spécifiques du système immunitaire.

Cette dose immunisante minimale varie bien selon la taille, mais dans des proportions très faibles. Un cheval, par exemple, bénéficiera d’une protection complète contre la rage après avoir reçu un volume environ deux fois plus important de vaccin qu’un chien, bien que le rapport des tailles et poids de ces deux espèces soit beaucoup plus important.

grand chien petit chien

La même logique s’applique à tous les effets indésirables des médicaments et des vaccins. En général, les effets nocifs s’aggravent à mesure que la concentration tissulaire ou sanguine d’un médicament augmente. Ce qui est très étroitement lié à la dose administrée.

Vaccins et effets indésirables

Avec les vaccins, les effets indésirables sont imprévisibles et ne sont pas clairement liés à la dose. Il est vrai que les petits chiens sont plus sujets aux réactions allergiques aux vaccins que les races plus grandes, mais cela semblerait plutôt causé par des différences génétiques qu’à la taille. Dans une même race, les plus petits individus ne se révèlent pas plus sujets à de telles réactions que les plus grands.

La différence de taille entre les membres d’une même espèce n’est presque jamais assez grande pour affecter la dose immunisante minimale. Par conséquence, l’idée qu’un chien de 10 kg aurait besoin de la moitié de la dose vaccinale de celle d”un chien de 50 kg n’est tout simplement pas compatible avec la biologie du système immunitaire et des vaccins.

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