Mon chat ne sort jamais, est-ce vraiment utile de le vacciner ?

 

vaccin chat

 

Après avoir parlé des chiens, et plus précisément de leur alimentation, la semaine dernière. Cette semaine, nous aborderons la vaccination des chats !

La plupart des propriétaires ont bien conscience que la vaccination est importante pour un chat qui sort, mais qu’en est-il des chats qui vivent exclusivement à l’intérieur ? Si mon chat n’entre jamais en contact avec d’autres chats, il ne risque rien, pas vrai ?

Les différents types de vaccin

Alors pour faire bref, et pour ne pas faire trop durer le suspens, la réponse est “oui, il faut bien vacciner aussi un chat qui ne sort jamais”. Mais, pas contre tout, et pas aussi souvent qu’un chat qui ne sort pas. En réalité, l’European Advisory Board on Cat Diseases* (un groupe d’experts sur tout ce qui concerne les maladies infectieuses du chat, et donc notamment la vaccination), classe les vaccins en deux groupes :

  • Les vaccins “de base”, fortement recommandés à tous les chats.
  • Les autres vaccins, qui dépendent du mode de vie.

Les vaccins de base

Ces vaccins sont ceux qui protègent contre le parvovirus, l’herpesvirus et le calicivirus. Ces trois virus sont très résistants et peuvent survivre très longtemps dans le milieu extérieur. Pour les chats qui ne sortent pas, les infections surviennent par contacts directs avec des chaussures ou vêtements contaminés. Ce cas de figure est en réalité très fréquent, notamment parce qu’un chat qui ne sort jamais aura un système immunitaire moins performant qu’un chat d’extérieur.

Quelques mots sur ces trois virus :

Le parvovirus

C’est le pire des trois ! C’est le virus du “typhus du chat”, une maladie qui cause notamment des diarrhées et un abattement extrême. Les chats peuvent être infectés à tout âge, mais les jeunes sont plus sensibles. Le taux de mortalité peut avoisiner les 90% chez le chaton et, heureusement, diminue pour les animaux plus âgés (chez qui la maladie reste tout de même très sérieuse).

C’est notamment ce virus qui est responsable du fait que votre vétérinaire recommande de vacciner certains chatons deux fois la première année (à 2 et 3 mois), et d’autres trois fois (2, 3 et 4 mois).

L’herpesvirus

C’est un des deux virus impliqués dans le coryza (que vous connaissez très certainement si vous avez déjà eu quelques chats). L’herpesvirus est responsable de conjonctivites et de rhinites (yeux qui coulent, nez qui coulent). Ces infections sont rarement mortelles. Le principal problème de ce virus est que, comme c’est également le cas pour les herpes humains, les chats ne s’en débarrassent jamais. Une fois l’infection passée, le virus bat en retraite pour refaire surface tout au long de la vie du chat, chaque fois que la situation lui est plus favorable.

Le calicivirus

C’est le deuxième virus impliqué dans le coryza du chat. Le calicivirus est responsable d’ulcères buccaux, souvent sévères. Si les ulcères en eux mêmes sont rarement mortels, ils peuvent être suffisamment douloureux que pour dissuader votre chat de s’alimenter. Les chats étant assez sensibles aux jeûnes prolongés, la situation peut vite devenir critique.

Les vaccins dépendant du mode de vie du chat

La leucose

La leucose est une maladie très sérieuse, incurable et souvent mortelle. Elle peut notamment induire une baisse des défenses immunitaires, une anémie et/ou un lymphome (cancer) chez le chat.

Le vaccin contre la leucose ne fait pas partie des vaccins “de base” car le virus qui en est responsable est très peu résistant dans le milieu extérieur. Ce qui signifie que si votre chat n’entre jamais en contact avec d’autres chats inconnus, le risque qu’il soit infecté est plus ou moins nul.

Le virus se transmet essentiellement par la salive d’un chat contaminé. Le plus souvent par toilettage mutuel ou par morsure.

toilettage chat

La vaccination est donc recommandée à tous les chats qui ont un accès à l’extérieur.

 

Le cas particulier du vaccin contre la rage

Le vaccin contre la rage a un statut un peu particulier dans le sens où il est “légalement obligatoire” dans certaines conditions. Ces conditions varient d’un pays à l’autre. Par exemple, en Belgique et en France, il est obligatoire de vacciner son chat si vous désirez voyager avec lui (et le vaccin n’est considéré comme valide que 21 jours après l’injection, pensez-y à temps !).

Si vous ne quittez pas le pays, le vaccin n’est pas obligatoire (en France et en Belgique), mais est tout de même recommandé. Tout d’abord, parce qu’il protège contre la rage (sans grande surprise). Mais aussi et surtout parce que si votre chat venait à entrer en contact avec un animal enragé alors qu’il n’est pas vacciné, il risquerait d’être au mieux mis en quarantaine pendant quelques semaines, et au pire euthanasié d’office ! Sachant que ce vaccin ne coûte que quelques euros et protège, selon le fabricant, jusqu’à 4 ans, je le recommande à tous les chats qui sortent.

Enfin, il est assez important de bien comprendre cette différence entre la protection immunitaire offerte par le vaccin et le côté légal. Par exemple, la plupart des pays situés en dehors de l’Union Européenne exigent que le vaccin contre la rage ait été administré au plus tard un an avant l’arrivée dans le pays, et ce, quelle que soit la durée de la protection immunitaire assurée par le fabricant du vaccin. Si vous voyagez (hors Europe) chaque année avec votre chat, vous devrez donc le vacciner également chaque année, même si chaque injection lui assure une protection immunitaire de 3 ou 4 ans.

Du coup, ne vaut-il mieux pas donner tous les vaccins à mon chat, même s’il ne sort pas ? Juste pas sécurité ?

Et bien non ! La vaccination n’est pas un acte anodin et comporte également des risques. Si l’objectif est de garder un chat en bonne santé (et c’est souvent le cas lorsque l’on fait les vaccins), il n’est pas non plus conseillé de sur-vacciner !

Chez le chat, la grande majorité des effets indésirables liés à la vaccination sont modérés et disparaissent en quelques jours : douleur au site d’injection, fatigue, perte d’appétit, …

Il existe cependant également des effets indésirables beaucoup plus sérieux, parmi lesquels le fameux sarcome (ou fibrosarcome), dont vous avez peut-être déjà entendu parler.

Le fibrosarcome est un des cancers de la peau les plus fréquents chez le chat et peut, entre autre, être causé par la vaccination. Son développement serait autant lié à l’injection en elle-même qu’au vaccin à proprement parler.

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Le fait que ce type de cancer soit relativement fréquent et qu’il puisse être induit par les vaccins ne veut pas dire qu’il est fréquent que les vaccins l’induisent ! En réalité, on estime que 10 000 injections vaccinales causeront entre 1 et 4 fibrosarcomes. Ce qui est bien trop faible pour servir d’argument contre une vaccination raisonnée et je le répète, il est fortement conseillé de vacciner votre chat … mais pas inutilement !

Si par malheur votre chat devait développer un fibrosarcome, il est important de réagir rapidement. En effet, ce type de cancer est assez agressif et a tendance à métastaser rapidement.

Le premier signe clinique est une petite boule qui se forme au niveau du site d’injection. Mais c’est en réalité une réaction très fréquente et peu spécifique, alors comment savoir s’il faut, ou pas, paniquer ?

Pour le savoir, vous pouvez utiliser la règle du “3-2-1”, à savoir :

Toute masse au site d’injection qui :

  • est toujours présente 3 mois après la vaccination,
  • ou qui a un diamètre supérieur à 2 cm,
  • ou qui augmente encore de taille 1 mois après la vaccination

doit être enlevée chirurgicalement !

Le fait qu’un de ces critères soit rempli ne signifie pas forcément que l’on est face à un fibrosarcome mais doit être considéré comme un signe d’alerte et vous inciter à faire enlever et analyser cette fameuse masse.

 

Et nous voilà au bout de cet article ! J’espère qu’il vous aura plu et si c’est le cas, n’hésitez pas à le partager à toutes vos connaissances qui ont / ont eu / auront bientôt un chat !

 

*http://www.abcdcatsvets.org/

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