Mon chat est diabétique, c’est grave docteur ?

Le diabète sucré est une maladie liée à la régulation du sucre dans le sang. Elle peut toucher toutes les espèces mais aujourd’hui, j’aborderai principalement les spécificités du diabète du chat. Pour cette espèce, les cas de diabète sont de plus en plus fréquents. Et malheureusement, cette tendance ne risque pas de s’inverser car la prévalence de ses principaux facteurs de risque est également en constante augmentation (obésité, allongement de la durée de vie, inactivité, …).

Malgré l’évolution de nos connaissances sur le sujet, le taux de mortalité reste très important (de l’ordre de 10%).

Voyons donc comment tout cela fonctionne !

Chat diabète

 

Qu’est-ce que c’est le diabète ?

Pour comprendre cette maladie, il faut se souvenir de ces trois concepts simples  :

  1. Les cellules ont besoin d’énergie pour fonctionner.
  2. Une des principales sources d’énergie utilisées est le glucose, un sucre.
  3. Le glucose circule dans le sang et a besoin d’insuline pour rentrer à l’intérieur des cellules.

Le diabète, c’est un ensemble de maladies qui, pour une raison ou une autre, interfèrent avec le fonctionnement de l’insuline. Si l’insuline ne fonctionne pas, le glucose ne rentre pas dans les cellules, ce qui a deux conséquences.

D’abord, la cellule doit trouver une autre source d’énergie que le sucre.

Et ensuite, le glucose ne peut pas quitter la circulation sanguine, et finit donc par se retrouver en trop grande quantité dans le sang, ce qu’on appelle une hyperglycémie.

Ces deux phénomènes expliquent tous les symptômes liés au diabète.

Les différents types de diabète chez le chat

Il existe différents types de diabète selon la raison pour laquelle l’insuline ne joue pas son rôle.

Le diabète de type 1 est lié à une production insuffisante d’insuline.

Dans le diabète de type 2, les cellules du corps développent une résistance à l’insuline et n’y répondent donc pas correctement malgré une production normale (voir augmentée). On parle d’”insulinorésistance”.

Dans les deux cas, le résultat est le même : le glucose ne rentre pas dans les cellules et une hyperglycémie se développe.

Chez le chat, le diabète de type 2 est largement plus fréquent que le type 1.

Les facteurs de risque

Le principal facteur de risque de développer un diabète chez le chat est l’obésité. Une étude a montré que chaque kg de poids corporel supplémentaire diminuait d’environ 30% la sensibilité à l’insuline. Au final, un chat obèse est 4x plus susceptible de développer un diabète qu’un autre ! (ce qui est une excellente occasion de vous rappeler l’importance de veiller à ce que votre chat ait une alimentation adaptée et fasse de l’exercice !)

Parmi les autres facteurs de risque, on retrouve l’âge (95% des chats diabétiques ont plus de 5 ans), l’inactivité physique et la prise de certains médicaments (comme les corticoïdes).

Les signes cliniques

Comme expliqué un peu plus haut, tous les signes cliniques du diabète sont causés par le fait que le sucre ne parvient pas à rentrer à l’intérieur des cellules.

Les symptômes classiques :

Ces symptômes sont presque toujours présents.

Mictions (le fait d’uriner) plus fréquentes et en plus grandes quantités : si l’hyperglycémie est trop importante, les reins vont laisser passer du sucre vers la vessie. Ce sucre va emporter avec lui une grande quantité d’eau et la vessie va donc se remplir beaucoup plus vite. Il n’est pas rare que les chats deviennent alors malpropres et certains propriétaires remarquent que les urines sont un peu “collantes” (à cause du sucre qui y est présent).

Augmentation de la prise de boisson : simplement pour compenser la perte d’eau via les urines. Le plus souvent, c’est ce signe clinique qui est remarqué en premier lieu par les propriétaires car en plus de boire de beaucoup plus grandes quantités, certains chats peuvent se mettre à boire tout ce qu’ils trouvent.

Polydipsie chat

Augmentation de l’appétit : lorsque ses cellules sont en manque d’énergie, le chat ressent une sensation de faim. Etant donné que le glucose ne peut pas être utilisé, les cellules sont constamment en manque d’énergie et le chat a donc constamment faim.

Perte de poids : vu qu’il ne parvient pas à profiter du sucre qu’il mange, le chat doit trouver d’autres manières de fabriquer de l’énergie. Il va notamment puiser dans ses réserves de graisse et donc perdre du poids.

Les symptômes plus rares :

Cataracte : l’hyperglycémie peut également conduire au stockage du sucre dans le cristallin qui devient alors plus opaque. Les cataractes liées au diabète chez le chat sont beaucoup moins sévères et beaucoup moins fréquentes que chez le chien.

Neuropathie : l’hyperglycémie, si elle perdure, peut également endommager certains nerfs. Chez le chat, ceci se caractérise le plus souvent par une faiblesse des membres postérieurs ou une plantigradie (le chat ne marche plus uniquement sur ses coussinets mais sur tout le tarse).

Les complications :

Tous les symptômes décrits jusque là sont, certes, un peu gênants, mais ils ne semblent pas encore mettre la vie de votre matou en danger. Pourtant, j’ai parlé au début de cet article d’un taux de mortalité important, pourquoi ?

Et bien à cause de ce qu’on appelle les crises acidocétosiques.

Le fait que l’organisme utilise ses graisses comme principale source d’énergie induit la production de déchets (des “corps cétoniques”) qui, s’ils sont produits en trop grandes quantités, ne pourront plus être éliminés et deviendront toxiques. Ces déchets vont notamment acidifier le sang, d’où le terme d’acidocétose.

Ces crises peuvent causer une perte d’appétit, une déshydratation importante, des vomissements, et dans les cas les plus sévères un coma, voire la mort.

Le diagnostic

Les signes cliniques “classiques” sont très peu spécifiques et ne permettent pas d’établir un diagnostic de diabète. En plus de ceux-ci, il faut donc trouver une hyperglycémie persistante ET du glucose dans les urines (ou glycosurie).

Une des spécificités du chat est que, chez cette espèce, le stress peut induire une hausse de la glycémie. Bien évidemment, les visites chez le vétérinaire sont souvent stressantes et une unique glycémie augmentée ne doit donc pas être trop vite interprétée comme étant le signe d’un diabète.

Pour éviter ce problème, il est fréquent qu’on vous propose de mesurer les “fructosamines”.  Cette mesure reflète le moyenne de la glycémie des deux dernières semaines et diminue donc l’impact des hyperglycémies de stress.

Le traitement

Le traitement du diabète sucré chez le chat repose sur deux volets : les médicaments et l’alimentation.

Les médicaments

Pour éliminer les symptômes, l’objectif est de régulariser la glycémie. Le traitement médicamenteux reposera donc principalement sur l’administration d’insuline. La phase d’instauration du traitement est toujours très délicate car chaque chat diabétique aura besoin d’une dose d’insuline différente. De plus, les modifications de doses jusqu’à trouver “la bonne” devront se faire prudemment car il est très important d’éviter les surdosages qui entraîneraient une hypoglycémie.

Si votre chat déclare un diabète, il faudra donc vous attendre à voir très régulièrement votre vétérinaire au cours des premières semaines de traitement.

L’hypoglycémie (c’est-à-dire trop peu de sucre dans le sang) est la principale complication associée au traitement du diabète. Si l’on donne trop d’insuline, tout le glucose disponible sera trop vite consommé. Lorsque ses réserves seront vides, votre chat ressentira une fatigue intense qui pourra, dans les cas les plus sévères, évoluer en coma et mettre sa vie en danger. Si vous remarquez que votre chat est “anormalement mou”, donnez lui quelques gouttes de miel. S’il est en hypoglycémie, ça le reboostera rapidement ! Et dans tous les cas, contactez votre vétérinaire afin d’en déterminer la cause.

L’insuline se donne par injections, ce qui est souvent un peu effrayant au début mais rassurez-vous, on prend vite l’habitude et ça se passe (presque) toujours très bien !

L’alimentation

En plus du traitement à base d’insuline, une attention particulière devra également être portée à l’alimentation et au comportement alimentaire de votre chat.

En effet, il faudra non seulement lui donner une alimentation spécifique (riche en protéines et contenant peu de glucides), mais également veiller à ce qu’il mange des quantité fixes à heures régulières afin de contrôler au maximum l’effet de l’insuline.

Enfin, si votre chat est trop gros, il sera également très important de le mettre au régime car le surpoids a un effet négatif sur la sensibilité à l’insuline.

La guérison ?

La bonne nouvelle c’est qu’une autre spécificité du diabète chez le chat est qu’il est possible d’en guérir ! (plus précisément, dans le cas du diabète, on parle de “rémission” car la maladie est toujours présente mais n’est plus associée à aucun signe).  Le taux de rémission varie largement d’une étude à l’autre, mais les plus optimistes parlent d’un taux avoisinant les 50% si l’insuline est associée à un régime adéquat !

Comme souvent, plus la maladie est prise tôt et meilleures sont les chances d’en guérir. La guérison peut survenir n’importe quand mais le plus souvent, elle intervient dans les 3 premiers mois.

En cas de guérison, il sera bien sûr très important que votre chat conserve toutes ses nouvelles bonnes habitudes alimentaires !

diabète

 

Et voilà qui conclut ce tour d’horizon du diabète chez le chat. J’espère que ces quelques explications vous auront aidé à comprendre un peu mieux cette maladie ! Si c’est le cas, n’hésitez pas à partager cet article Smile

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