Comprendre et éviter la toux de chenil pour son chien

La toux de chenil est une maladie très fréquente qui peut toucher les chiens de tout âge. Chaque année, le nombre de cas augmente tout particulièrement durant les périodes de vacances. Et chaque année, il y a beaucoup de mécompréhension et d’idées fausses qui circulent à ce sujet. Voyons exactement ce qu’il en est !

chien chenil

La toux de chenil, c’est quoi exactement ?

En réalité, la toux de chenil n’est pas une maladie unique. Il s’agit plutôt d’un tableau clinique commun à un ensemble de maladies, elles-mêmes causées par différents agents pathogènes (des virus, des bactéries, des champignons, …). Ces agents pathogènes, quels qu’ils soient, vont provoquer une inflammation de la trachée et des bronches. D’où le “vrai” nom de la toux de chenil : trachéobronchite infectieuse.

Le plus souvent, le seul symptôme est une toux sèche et forte sur un animal, à part ça, en bonne forme. Généralement, ça ne va pas plus loin. La maladie est auto-limitante et la guérison est spontanée. Ce qui fait que la toux de chenil doit être prise au sérieux est qu’elle peut, dans certains cas, se compliquer d’une pneumonie, beaucoup plus dangereuse. Dans ce cas, le chien pourra également être fébrile, abattu et présenter une perte d’appétit. Cette complication est relativement rare mais devrait vous pousser à consulter un vétérinaire si la toux ne passe pas d’elle-même après quelques jours ou si l’état général de votre chien se détériore.

Pourquoi “de chenil” ?

Sans grande surprise, on parle de toux “de chenil”, parce que cette maladie peut notamment s’attraper dans … les chenils ! Mais en réalité, la toux de chenil est très contagieuse (uniquement pour les chiens) et s’attrape presque uniquement par contact direct “de truffe à truffe” ou par aérosol proche (c’est-à-dire par un chien contaminé qui tousserait à proximité). Ce qui signifie qu’elle peut s’attraper dans n’importe quel environnement où la concentration en chiens est plus importante. Ce qui est donc également le cas de l’éducation, des expositions canines, de certains parcs, voire du vétérinaire.

exposition canine

La période d’incubation est généralement de 3 à 5 jours. C’est donc dans cet intervalle de temps qu’il faudra chercher des indices.

Etant donné que les agents pathogènes incriminés sont très fréquents, très variés, très contagieux et que les signes cliniques peuvent être assez discrets, même le plus propre des chenils ne pourra pas garantir que la maladie ne circule pas. Ce qui signifie qu’en cas de contamination de votre chien dans un chenil, celui-ci ne doit pas forcément être mis en cause.

Si mon animal est vacciné, il ne peut pas attraper la toux de chenil. Pas vrai ?

Malheureusement, comme je le disais un peu plus haut, il y a de très nombreux agents infectieux différents impliqués dans cette maladie.  Il n’existe donc aucun vaccin protégeant efficacement contre tous. Et comme, en plus, aucun vaccin n’est efficace à 100%, la protection contre la toux de chenil ne sera jamais absolue. Est-ce à dire que la vaccination est inutile ? Certainement pas !

En réalité, même si la maladie peut être causée par de très nombreux pathogènes, il y en a trois que l’on retrouve beaucoup plus fréquemment. Ainsi, dans la grande majorité des cas, le schéma d’infection est le suivant :

Infection primaire par un de ces deux virus : adénovirus ou parainfluenza

Surinfection par une bactérie : Bordetella bronchiseptica. Cette bactérie ne sera donc pas la première responsable de la toux mais aggravera la maladie.

Et contre ces trois-là, des vaccins existent !

La vaccination de base

La vaccination annuelle de votre chien le protège contre une série de maladies. Sans rentrer dans trop de détails (ce n’est pas le sujet), la liste des maladies incluses dans le vaccin peut légèrement varier d’un vétérinaire à l’autre. Mais dans tous les cas, il existe un “noyau” de trois maladies qui y sont forcément : la maladie de Carré (en anglais : Distemper), l’Hépatite de Rubarth et la Parvovirose (d’où les lettres “CHP” ou “DHP” présentent sur l’étiquette du vaccin collée dans votre carnet de vaccination). Et il se trouve que justement, l’hépatite de Rubarth est causée, elle aussi, par un adénovirus ! Il ne s’agit pas du même virus que celui responsable de la toux de chenil mais ils sont suffisamment proches pour que le vaccin de base protège efficacement contre les deux.

Certains vaccins possèdent également une valence “Parainfluenza”. Vous pouvez demander à votre vétérinaire si c’est le cas du vaccin qu’il utilise, ou vérifier dans votre carnet si l’étiquette mentionne CHPPi ou DHPPi.

La vaccination spécifique à la toux de chenil

De nombreux chenils exigent se vaccin. Il devrait également être conseillé à tous les chiens fréquentant des collectivités, quelles qu’elles soient. Ce vaccin peut être injecté sous la peau, comme les autres, ou directement dans le nez. Dans les deux cas, ils protègent contre la même chose, à savoir la bactérie Bordetella bronchiseptica et le virus Parainfluenza (d’où son nom : “BbPi”). Ce vaccin ne rentre pas dans le schéma de vaccination classique et ne sera donc généralement fait qu’après concertation avec le propriétaire.

En résumé, ces deux vaccins sont complémentaires. Et bien qu’ils n’empêcheront pas toujours tous les chiens de développer une toux de chenil, ils en limiteront grandement les probabilités et surtout l’intensité si elle se développait.

toux de chenil

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